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En Jésus Christ le nouveau humanisme

Synthèse des traces pour a marche vers le 5ème Congrès Ecclésial National

Le temps de la gratitude et du discernement

Beaucoup ont été les réponses à l’invitation-narrations, témoignages, suggestions, recommandations- arrivées au comité préparatoire de toutes les composantes de l’Eglise italienne.

Des réponses généreuses qui à elles seules parlent d’un besoin de discernement communautaire en face des défis du monde contemporain et ils suggèrent aussi le désir de marcher ensemble, de savourer le gout d’être Eglise, ici et maintenant, en Italie.

« Déguster » est la parole juste qui exprime mieux cette réalité. « Déguster et vous verez » (Ps33).

Un regard qui a savouré la bonté est un regard reconnaissant, qui voit diversement : il voit même l’invisible, parce que renforcé par l’amour.

C’est le goût pour l’humain, la connaissance qui devient amour, le vrai défi ici nous sommes appelés.

Le regard affectueux

Il ne s’agit pas donc de dessiner dans l’abstrait les termes et les confins d’un « nouveau humanisme » : on choisit par contre de partir des témoignages, des expériences vécues de la foi chrétienne et les espaces de « vie bonne de l’Evangile » pour la société entière.

La trace, d’une manière voulue non exhaustive, est accompagnée dans le site web (www.firenze2015.it) de matériel d’approfondissement. Le site est un lieu à animer ensemble, impliquant surtout les jeunes et élargissant « ad extra » la réflexion sur l’humain d’aujourd’hui, aussi à travers les médias sociaux (FacebookTwitter @ Firenze_2015, YouTube).


FLORENCE, « NARRATION » D’UNE EXPERIENCE ANTIQUE DES EGLISES LOCALES : LE « PLUS » DU REGARD CHRETIEN

A Florence, la ville qui nous accueille, on y respire un soin pour l’humain qui s’est exprimé avec le langage de la beauté, de la création artistique et de la charité sans solution de continuité. Cette beauté « intégrale » que nous avons reçue, demande aujourd’hui de s’exprimer dans un environnement et des manières diverses. Comment faire ?

Une première réponse vient déjà du riche matériel parvenu au comité préparatoire de la part des diocèses, des mouvements et associations à la suite de l’invitation. En elle émerge une acuité de lecture des besoins, de la part de qui se retrouve en « première ligne », et donc une capacité de réponse créative et générative, alimentée de l’écoute de la Parole de Dieu et donc porteuse d’un « plus » par rapport aux solutions techniques que d’autres sujets laïcs mettent sur place. De ces récits et témoignages émergent quatre formes « incarnées » d’humanisme :

Un humanisme en écoute

Pour éviter les théories prescrites et les modèles idéals abstraits le chemin à parcourir et reconnaitre la beauté de l’humain « en acte », tout en reconnaissant les limites et sans se laisser abattre par les faits.

Ecouter l’humain signifie voir la beauté de ce qu’il y a, dans l’espérance de ce qui encore peut arriver, conscients et reconnaissants continuellement en combien nous recevons.

Un humanisme concret

La réalité est supérieure à l’idée (Evangelii Gaudium 233). « Concrétude » signifie parler avec a vie, trouvant la synthèse dynamique entre vérité et vécu, suivant le chemin tracé par Jésus. Il n’y a pas deux niveaux séparés, théorique et pratique ; mais plutôt, une tentative « d’ être témoins du Christ à travers des gestes de vie nouvelle et d’une humanité différente ».

Une Humanité plurielle et intégrale

L’humanisme nouveau en Christ a plusieurs facettes et riche de nuances, « prismatique » et polyédrique : seulement de l’ensemble des visages concrets, d’enfants et d’anciens, de personnes sereines et souffrantes, de citoyens italiens et d’immigrés venus de loin, émerge la beauté du visage de Jésus. La famille humaine, même étant une, est marquée non d’homologation et d’uniformité mais de la beauté et de la « convivialité des différences ». cette prospective consent de dépasser soit le regard réductif sur l’humain, soit la fragmentation retrouvée aussi dans nos communautés, soit chaque dualisme entre vérité et œuvre de charité. La voie de l’ensemble est la voie de l’humain.

Un humanisme d’intériorité et transcendance

Un humanisme transcendant n’est pas un oxymoron. La transcendance divine et la proximité d’amour – qui coïncident en Jésus- s’entremêlent dans le fond plus intime de la personne humaine( Gaudium et Spes 16). Le chemin n’est pas alors celui à parcourir comme « professionnels de l’esprit » ; plutôt, ouvrir espaces de silence et de prière dans les paroisses et les familles, dans les associations et les mouvements, pour offrir dans le quotidien le pain de la Parole, le soutien de l’Eucharistie et la compagnie dans la marche.


LE SCENARIO DE L’ANNONCE DE L’EVANGILE

Mais quel est le contexte qui nous interpelle et nous défie ?

L‘horizon semble être obscurci avec des nuages menaçants. La croissante pluralité et la complexité culturelle, l’arrivée de tant d’immigrés, porteurs de valeurs et de mentalité différente, la crise économique avec ses conséquences dramatiques , une pensée maintenant dominante qui tend à imposer équivalences au lieu de sauver les différences, ces nombreux signes « d’antihumanisme » créent difficultés et désorientation mais aussi relances et désirs, dans la conscience d’être toutefois tous appelés à lire le signe des temps pour construire ensemble le futur du pays. quelles sont les demandes et quelles sont les voies pour répondre aux défis ?

Un homme sans sens ?

La chute des idéologies totalisantes laisse la place à de nouvelles connaissances qui prétendent d’expliquer les comportements humains à travers les automatismes ou les processus calculables. Dans la manière de vivre, avant que sur le plan théorique, il semble qu’on ne peut pas dire que signifie être homme ou femme. Tout semble se liquéfier dans un « bouillon » d’équivalence. Aucun critère partagé semble résister et tout se réduit à l’arbitraire et à la contingence.

L’individualisme exaspéré aujourd’hui dominant non seulement a dramatiquement affecté les liens qui consolident la collectivité, mais a aussi affaibli les liens qui dessinent le même visage humain : le témoignent avec le langage de l’art tant d’œuvres contemporaines, des hommes sans visage de maigres à la physionomie tordue et défaite de Francis Bacon.

Comment régénérer ces liens constitutifs pour donner voie au désir de reconnaissance, d’unité et de communion de la famille humaine ?

Un homme seulement produit ?

Perdre les liens qui nous constituent porte à concevoir l’homme comme une construction indéterminée, confiée exclusivement à ses mains, , aux lois du système ou à la technique. Plus peur on a du futur, plus incertain se fait l’horizon, plus spasmodique devient la recherche de points d’appui artificiels. Dans tous les cas, on risque de rester centrer sur soi-même pendant qu’il vient à manquer, ou bien on a des difficultés à placer, l’autre : l’autre avec lequel on se rencontre et on est en collision, l’autre qui constitue une limite à notre moi, l’autre avec ses exigences parfois irritantes ou son interpellation qui nous libère de nous-mêmes.

Le visage est le lieu où l’autre se manifeste à nous et par lequel moi je me manifeste à l’autre. La difficulté à reconnaitre le visage de l’autre cause le dissoudre de notre propre visage parce que, seulement dans la relation et dans la reconnaissance réciproque prennent forme les visages. Si nous ne réussissons pas à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre( Evangelii Gaudium 88), nous devenons inhumains.

Seulement moi au monde ?

Le mal dont souffre notre monde c’est l’autoréférence. La prétention de se suffire à soi-même élimine l’autre de notre propre horizon, en faisant de lui un élément de support ou bien une menace possible dont il faut se méfier ; surement cela l’exclue comme celui des mains duquel être reçu. Considérer l’autre uniquement en fonction de soi est à l’origine de tant de formes d’injustices, de corruption et de violence.

« La personne vit toujours en relation » (Lumen Fidei 38)

En fait, le temps que nous vivons est complexe et enregistre un besoin énorme des relations : on s’en rend compte dans la communication permanente et globale du réseau , mais aussi dans de nombreuses expériences concrètes d’engagement , qui témoignent de la valeur et de la dignité de l’être humain ; dans la solidarité entre les générations au sein des familles , ou dans les nombreuses expériences où les familles sont en mesure de se percevoir comme sujet social , qui étend sa propre capacité à prendre soin au-delà du noyau restreint. Ensuite a changé l’approche à la consommation, avec une attention renouvelée au style de vie plus sobre.

Dans l’activité productive et le choix des nourritures on récupère les relations avec la tradition. S’introduisent des expériences innovatrices d’entreprenariat juvénile et de coopération qui repartent de la terre et qui, non en peu de cas, voient comme protagonistes les femmes. Augmente la sensibilité envers la défense des biens environnementaux.

Malgré les niveaux encore trop élevé de corruption et de l’illégalité présente dans le pays, augmente la protection de la légalité comme bien commun et se répands un choix explicite du champs de commerce et de l’entreprise libre des mafia.

L’engagement éducatif continue à représenter la route privilégiée de la défense et de la promotion de la dignité de l’homme et l’école reste la référence importante pour les familles.

Le volontariat est une autre grande ressource pour le pays : à la générosité envers les derniers ou les avant-derniers, notamment accrue avec la propagation des effets dramatiques de la crise, toujours pus s’y ajoute la compétence.

Récent et est en plus le splendide exemple d’une humanité accueillante offert par les populations directement concernées par les débarquements des immigrés.

Toutes ces expériences de relation sont signe peut-être « peu d’intérêt médiatique », mais certainement concrets, qui ouvrent des chemins d’espérance pour l’annonce d’un évangile qui est plénitude d’humanité.

Se reconnaitre fils

Si nous reconnaissons la parcelle d’interdépendance qui nous constitue, les fragments isolés se recomposent en une unité des différences. La relation ne s’ajoute pas de l’extérieur à ce que nous sommes : nous sommes en faite des êtres de relation. Et nous le sommes avant tout parce que nous ne venons pas de nous-mêmes mais nous nous recevons des autres : notre exister est un « exister avec » et un « exister de », impensable, et impossible sana l’autre.

Il n’y a pas autonomie et responsabilité authentique, sans reconnaitre cette dimension relationnelle, vrai matrice de notre liberté. Une relation authentique est possible à partir de se reconnaitre générés, c’est-à-dire fils : au cœur du sens de l’humain révélé en Jésus Christ il y a donc avant tout notre être fils. Dans le fils incarné est révélé la vérité de notre être.


LES RAISONS DE NOSTRE ESPÉRANCE

L’humain et le divin sont un en Jésus Christ : c’est en lui donc que l’être humain reçoit pleine lumière et sens. Celle-ci est une profonde et joyeuse conscience.

Toutefois elle ne peut pas être la justification pour s’imposer au monde, presque dans la présomption de « posséder » Christ. Avant tout parce qu’en nous cette conscience doit être toujours réveillée et régénérée, cherchant Jésus sur les visages des autres, surtout dans es pauvres.

Ensuite parce que la méthode que Jésus nous a laissée pour annoncer son message de salut est celle du témoignage, dans la conscience de nos limites, mais aussi de la lumière que nous pouvons laisser resplendir en nous.

D’ici la « merveille croyante » de qui, comme Marie, se laisse infiniment réjouir de la nouvelle que ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.

Dieu rencontre les périphéries de l’humain avec Jésus

Cherchons donc l’authentiquement humain par sur le plan des idées, qui risquent d’être abstraites ou, pire, dégénérées en idéologies, mais plutôt en Christ Jésus, dans son être-homme.

En Lui Dieu dépasse toute distance, en se rendant visible dans l’histoire commune des hommes. Jésus révèle le Père avec les Paraboles, avec les gestes accueillants et ceux prodigieux, avec sa manière nouvelle de prier ; l’indique présent dans la vie des hommes et des femmes avec lesquels il se rencontre et auxquels il montre une attention, même au risque d’enfreindre les lois et les tabous. Par exemple à un pharisien comme Nicodème il demande de « renaitre », de recommencer au début, e rencontrant pas le cercle du temple mais dans la nuit : en allant à sa rencontre dans l’obscurité de ses doutes. Ou bien la parabole du bon samaritain qui nous invite à être capable d’habiter la route : comme il sied à Dieu lui-même, pas fermés et arrêtés dans des temples de pierre, mais en marche avec son peuple.

La loi la plus haute s’enracine dans l’être aimé et s’active dans l’aimer. Dieu en premier, comme dans la parabole de l’enfant prodigue ( cf Lc 15,20) – sort à la rencontre de l’homme, le rejoint là, où il se trouve, même dans l’éloignement extrême de son péché.

L’homme est la périphérie que Dieu rejoint à travers Jésus.

Le Verbe fait homme est la merveille toujours nouvelle de Dieu

Dieu, qui est le plus grand, qui est déjà tout, se dépasse lui-même s’inclinant en direction de l’homme, en s’abaissant jusqu’à terre, se faisant serviteur et embrassant la mort. Dieu dans la chair humaine de Jésus Christ redevient encore plus Lui-même. Pour cela saint Irénée peut dire que « l’homme vivant est la gloire de Dieu ». un Dieu dont la puissance et la bonté l’ont conduit à se vider pour épouser l’humanité.

La kénose, la vidange de soi, la sortie de soi, est donc le premier paradigme d’un humanisme nouvel et « autre » et la vie paradoxale d’une authentique liberté, capable de construire fraternité.

Une nouvelle possibilité pour l’homme de se dépasser pour aller vers Dieu et vers les frères

Si Dieu s’exprime soi-même se dépassant allant vers l’homme, ainsi l’homme se réalise soi-même en répondant à ce mouvement, en se dépassant allant vers Dieu et vers ses frères.

De là deux expressions, et ensemble aliment, d’un humanisme toujours nouveau : le soin et la prière.

Le verbe utilisé pour dire que Jésus guérissait ceux qu’Il rencontrait est une thérapie, qui signifie littéralement soigner, prendre soin. Le soin, donc, pratiqué selon le style de Jésus, est expression essentielle de l’être-homme comme lui : signifie protéger, prendre en charge, toucher, emmailloter, dédier attention.

Dans la prière ensuite, sont traduits en invocation chaque cri d’aide, chaque fatigue, jusqu’à même chaque blasphème apparente, mais aussi chaque notre  « merci ».

C’est seulement grâce à la prière que le soin ne se résout pas en simple philanthropie.

La liturgie même est un soin orant et, en même temps, une prière efficace. La même vie familiale a besoin de se nourrir de ce langage de la gratitude et de la confiance, pour régénérer et faire fleurir les liens entre ses membres.

Les soins et la prière sont les deux méthodes que Jésus nous a livré pour nous mettre en relation avec les autres et avec l’autre. Pour exprimer de manière pleine notre être relation, comme des fils et des frères.


LA PERSONNE AU CENTRE DE L’AGIR ECCLESIAL

Le mystère de l’Église, réalité humaine et divine

Le Concile Vatican II a enseigné qu’ « en Christ »  l’Église est « comme un sacrement, ou plutôt signe et instrument »  de l’unité de tout le genre humain », parce qu’il est de « l’intime union avec Dieu «  (Lumen Gentium 1).

C’est comme a affirmé Saint Jean Paul II dans la Redemptor hominis 14 :

« L’homme est le premier chemin que l’Église entreprend dans l’accomplissement de sa mission ».

Cela signifie que les raisons de l’homme et la pratique ecclésiale peuvent et doivent se rencontrer, ensemble engagées dans une œuvre de discernement communautaire : lire les signes des temps à la lumière de l’Évangile pour cultiver en chaque temps la plénitude de l’humain.

Comme Jésus dans la vie quotidienne

Comment faire du discernement notre style ecclésial ?

Pour ce devoir difficile c’est nécessaire de retourner à l’école de Jésus :

« Ma nourriture c’est de faire la volonté du Père » (Jean 4, 34 ).

La typique journée de Jésus contient toujours ces gestes : se dédier au lien intime avec le Père dans la prière ; ne pas disperser la suprématie de l’annonce du Règne ; confirmer avec autorité cette annonce, grâce à l’attention des personnes (le pardon, la guérison, la révélation du visage miséricordieux du Père) ; ne pas se laisser emprisonner de l’ordinaire, mais tenir éveiller l’urgence de la mission.

Ce style dessine un parcours d’humanité neuf, « mettre le gout » de L’Esprit Saint.

Un style appelé aussi du Pape François dans Evangeli gaudium : une Église qui sort, qui habite le quotidien des personnes et, grâce au style pauvre et solidaire renouvelle l’histoire de chacun, redonne l’espoir et ouvre encore nos vies mortes à la joie de la résurrection. Une Église joyeuse, parce-quelle est toujours remplie de merveille dans la découverte que la vie de tous les jours est visitée de la miséricorde de Dieu.

« Ici il y a notre vraie force, le ferment qui fait lever et le sel qui donne saveur à chaque effort humain contre le pessimisme prédominant que le monde nous propose » ( Le Pape François, Homélie pour la béatification du pape Paul VI ).

Les lieux, les frontières, les banlieues

Lors du congrès ecclésial de Vérone nous avons identifié certains lieux significatifs ou s’exprime le témoignage et se maintient allumé l’espoir à la lumière de Jésus ressuscité : la nationalité, la fragilité, les affections, le travail et la fête, l’éducation et la transmission de la foi dans la tradition.

Ces espaces sont depuis toujours incarnés dans des lieux, qui sont des espaces de l’humain dans lesquels nous apprenons à annoncer l’Évangile : la famille, l’école, l’église, le lieu du travail et d’autres encore. Avec la croissante complexité du monde globalisé les lieux ont perdu la leur rigidité, mais aussi leur solidité et unité, et sont devenus plus perméables, vulnérables, toujours plus provoqués et mis en question.

On peut dire que les lieux sont devenus aujourd’hui toujours plus de frontière : ligne de rencontre /combat entre les cultures, et aussi entre les différentes visions du monde dans la même culture.

Les frontières peuvent être défendues, en cherchant de construire des murs. Mais elles peuvent être aussi seuils, lieux de rencontre et de dialogue, sans lesquelles elles risquent de se transformer en banlieues d’où on s’enfuie : abandonnées et oubliées.

Le mouvement ce n’est pas celui de s’enfermer en défense, mais de sortir. Sans peur de perdre la propre identité, au contraire faisant un cadeau aux autres.

Dans cette situation «  de frontière », difficile mais riche d’opportunité et pas seulement de problèmes, on peut identifier cinq chemins pour un discernement communautaire : sortir, annoncer, habiter, éduquer, transfigurer .Cinq verbes qui ne se mettent pas simplement un à coté de l’autre, mais ils s’entrelacent entre eux et parcourent transversalement les milieux que nous habitons quotidiennement.

Les cinq chemins vers une nouvelle humanité

Sortir

« L’Église « en sortant » est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui produisent et fêtent.

Pour cela, la communauté qui évangélise se prépare à « accompagner ». Elle trouve la manière pour que la Parole s’incarne dans une situation concrète et donne fruits de vie nouvelle, bien qu’en apparence imparfait et incomplet » (Evangeli gaudium 24).

Pourquoi, alors bien que depuis longtemps nous insistons sur les missions, nos communautés ne réussissent pas à sortir d’eux mêmes et à s’ouvrir ?

Laissons libre nos structures du poids d’un avenir déjà écrit, pour ouvrir à l’écoute des paroles des contemporains qui résonnent aussi dans nos cœurs : voilà l’exercice que nous voulons entreprendre au Congrès de Florence.

Écouter le désarroi, donnez valeur aux nombreux gestes de bonne humanité qui sont présents, offrir des instruments qui donnent lucidité mais aussi une sérénité de lecture.

• Comment faire pour que les changements que l’Église est appelée à faire ouvrent de nouveaux parcours pour accueillir la bonne nouvelle du salut en Jésus ?

 Annoncer

Les personnes ont besoin de paroles et de gestes qui, en passant par nous, adressent le regard et les désirs à Dieu .La foi engendre un témoignage annoncé pas moins d’un témoignage vécu.

Il faut un langage qui parle à la vie. Le Pape François nous indique les formes de ce style de témoignage : des images et des métaphores qui viennent de l’Évangile, mais aussi de la vie quotidienne d’aujourd’hui, qui répondent à la recherche de sens, allume la réflexion et l’autocritique qui ouvre au changement, anime une dénonce qui ne produit pas la violence mais permet de comprendre la vérité des choses.

Pour parler dans un contexte pluraliste comme notre temps d’aujourd’hui il faut tout d’abord changer notre langage.

• Les communautés chrétiennes sont capables de témoigner et générer un désir de « construire et confesser », exprimant avec humilité mais aussi avec originalité et fermeté la propre foi dans lespace public, sans être arrogant mais surtout sans peur et fausse pudeur ?

Habiter

Le catholicisme a depuis toujours vécu plongé dans le territoire à travers une présence solidaire avec les personnes, surtout les plus fragiles. Cette particularité «   voie populaire » est reconnue par tous, même des non-croyants.

Dans les actuelles rapides transformations, où personne y est immunisé, nous courrons le risque de perdre cette présence capillaire, cette proximité salutaire, capable d’inscrire dans le monde le signe de l’amour qui sauve.

L’engagement nécessaire ne consiste pas de multiplier les actions ou les programmes de promotion et d’assistance, et pas non plus ajouter quelques gestes d’attention à des frères fragiles, mais repenser ensemble nos modèles d’habiter, du temps libre, de fêter, du partage.

Sans l’option préférentielle pour les plus pauvres, qui changent nos vies, « l’annonce de l’Évangile, qui est la première charité, risque d’être incomprise

ou de mourir dans cette mer de paroles à laquelle notre société de la communication nous expose quotidiennement » (Evangeli gaudium 199).

• Comment dessiner le futur du catholique italien, héritier dune grande tradition de charité et missionnaire, en tenant compte des provocations et des changements en acte ?

• Comment tenir vive, aujourdhui, la tradition dune Église enracinée au milieu des pauvres ?

• Comment tenir foi à la mission de « repartir des derniers » ?

Eduquer

Devant les provocations d’aujourd’hui, l’éducation est de plus en plus fondamentale.

Elle est aussi au centre des Orientations pastorales de la CEI pour le décennal en cours : «  Dans une société caractérisée de la multiplicité des messages et de la grande offerte de biens de consumation, le devoir plus urgent devient, alors, éduquer à des choix responsables. Devant les éducateurs catholiques, comme même devant tous les hommes de bonne volonté, se présente, donc, la provocation d’aller contre la passivité de modèle proposé et de surmonter l’inconsistance, encouragent la capacité de penser et l’exercice critique de la raison » (Éduquer à la vie bonne de l’Évangile 10).

Le primat de la relation sur la transmission, reprendre le rôle fondamental de la conscience et de l’intériorité dans la construction de l’identité de la personne, la nécessité de repenser les parcours pédagogiques comme aussi la formation des adultes, deviennent aujourd’hui une priorité inéluctable.

C’est vrai que les traditionnelles agences éducatives (famille et école), se sentent affaiblies et en profondes transformation. Mais c’est aussi vrai qu’elles ne sont pas seulement un problème mais surtout une précieuse ressource, et déjà on voit des initiatives capables de réaliser de nouvelles alliances éducatives, qui surmontent une fragmentation désormais insoutenable et permettent d’unir les forces, pour éduquer à l’unité de la personne et de la famille humaine.

• Éduquer cest un art : il faut que chacun de nous, dans ce contexte en transformation, lapprend de nouveau, recherchant la sagesse qui nous permet de vivre dans cette paix entre nous et avec la création qui nest pas seulement absence de conflit, mais tresser des relations profondes et libres.

• Comment être capable, dans une société de relations fragiles, de réveiller le désir et la joie de la gratuité, solidaire et durable, nourrie de laccueil et du pardon réciproque ?

• Comment habiter ces frontières ou la stérilité de la solitude et de lindividualisme dominant fleurissent en une nouvelle vie et en une culture de personnes génératives ?

Transfigurer

Les communautés chrétiennes sont nourries et transformées dans la foi grâce à la vie liturgique et sacramentelle et grâce à la prière. Il existe un rapport intrinsèque entre la foi et la charité, ou s’exprime le sens du mystère. Sans la prière et les sacrements, la charité se vide parce qu’elle se réduirait à la philanthropie, incapable d’attribuer valeur à la communion fraternelle.

C’est la vie sacramentelle et de prière qui nous permet d’exprimer le « plus » de l’humain dans lequel Dieu a voulu s’incarner.  A nous, peuple des béatitudes qui sont les commandements de lamour est demandé dagir dans le monde, sous le regard du Père, se projetant dans le futur mais vivons dans le présent avec ses provocations et ses promesses, avec le poids du péché et le désir du changement.

• Nos liturgies sont capables de donner valeur à toute la richesse du langage pour parler dans la culture daujourdhui ?

• Nos célébrations du dimanche sont capables de porter le peuple encore nombreux qui célèbre à vivre le chemin de la transfiguration de la propre vie et du monde ?

• Comment nous introduisons et nous éduquons à la foi un peuple désormais multiple par provenance, histoire, culture ?

• Combien le style du soin de Jésus est devenu lingrédient principal de notre être hommes et femmes de ce monde ?


LA RESPONSABILITE DE LA PLUS GRANDE MISURE

L’Évangile se diffuse si les annonciateurs se convertissent. Pour cela mettons-nous en jeu en première personne : vérifions notre capacité de se laisser interpeller de l’être-homme de Christ Jésus, faisons les comptes avec notre distance de lui, ouvrons nos yeux sur nos lenteurs dans le prendre soin de tous en particulier des  « plus petits » de ceux que l’Évangile parle (cf MT 25,40.45),réveillons-nous du sommeil spirituel qui ralenti le rythme de notre dialogue avec le Père, empêchons comme cela une fondamentale expérience filiale qui nous permet de vivre une nouvelle fraternité avec les hommes et les femmes du monde entier et à annoncer la beauté de l’Évangile.

Demandons-nous aussi à la lumière de la question de Jésus : « Vous, que dites vous de moi ? ».

Faisons notre la réponse de Pierre, qui comprend de nouveau la mission de Jésus à la lumière de son identité filiale : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Seulement comme-cela c’est possible le passage, aujourd’hui nécessaire, de la prospective de la démonstration à celle de l’interlocution : nous réussissons à savoir qui est réellement Jésus non pas quand nous parlons de Lui à la troisième personne, mais si nous acceptons de parler avec lui, dans un rapport direct, décliné à la première et à la seconde personne.

Reconnaitre le visage de Dieu qui s’est manifesté humainement en Jésus nous permet de bien comprendre le notre être hommes et femmes, avec ses potentialités et ses responsabilités.

Cela ne signifie pas devoir faire les censeurs de l’humanité. Au contraire, cela signifie d’essayer de faire toujours le possible pour résoudre les problèmes, engager au maximum notre créativité pour débrouiller les affaires, ne trouver tranquillité avant d’avoir coupé tous les liens qui freinent l’homme, et avant d’avoir rompu les chaines qui lui empêchent de rejoindre sa plus haute mesure.


DES CONSEILS POUR PREPARER LE CONGRES

La trace de réflexion constitue un point de référence et de départ pour la préparation au Congrès Ecclésial. Les Églises locales en s’en serviront pour permettre une capillarité et une profondeur au chemin de préparation vers Florence.

Capillarité : la trace demande d’être lue et discutée dans les conseils pastoraux de la paroisse, dans les groupes et dans les mouvements ecclésiaux.

Profondeur : le but de la trace est d’augmenter la responsabilité concernant la provocation qui nous interpelle : être à coté de chaque homme et femme pour construire ensemble une société bonne pour tous, capable d’accueillir et de jouir du désir de bien que chacun porte en soi comme trace de l’amour de Dieu pour chaque homme.

Dans le style” presque synodale » qui caractérise le parcours entrepris jusqu’ici et qui veut être le trait de distinction de Florence 2015 nous espérons que chaque Région ecclésiastique proposera des rencontres avec les délégués de la Diocèse et des réalités ecclésiales pour étudier la trace et approfondir le thème du Congrès.

Nous voulons aussi souligner le précieux travail de réflexion qui, en liaison avec les chemins locaux de préparation au congrès, les facultés Théologiques et les Instituts de Sciences religieuses (mais aussi de nombreux Centres Culturels Catholiques), programme et développe, stimulant le monde de la culture et de la recherche scientifique italienne.

C’est utile que les hebdomadaires diocésains et les medias traditionnels et numériques (site, blog, forum) peuvent penser des formes d’accompagnement stable et de longue durée (rubrique, approfondissement, supplément), pour préparer, accompagner et comprendre les réflexions et les prospectives que le Congrès produira dans nos communautés.

Nous demandons surtout que les medias digitaux deviennent l’instrument grâce à lequel ouvrir aux jeunes l’événement du Congrès, les rejoindre avec une réflexion sur la même longueur d’onde, les stimuler à s’interroger sur les thèmes que l’événement de Florence mettra au centre de notre réflexion. Mais aussi, nous espérons, pouvoir arriver aux lointains, qui ne rentreraient pas dans une Église mais peuvent se laisser intéresser d’un message vu dans un espace digital.


Jézus Krisztusban az új emberség
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